Développement du Programme de transport sur le lac Tanganyika comme nouvelle dynamique d’accroissement des flux de marchandises à destination du Burundi.

Le Secrétariat Général de la Communauté Est Africaine  a, en collaboration avec le Secrétariat Exécutif du Corridor Central, la Banque Mondiale et l’Autorité du Lac Tanganyika, organisé du 2 au 3 novembre 2017, à l’hôtel Le Panoramique de Bujumbura, un atelier des parties prenantes  sur le développement du programme de transport  intégré sur le Lac Tanganyika.

 

Dans son discours d’ouverture solennelle des travaux de l’atelier, Monsieur Jean Bosco NTUNZWENIMANA, Ministre des Transports, des Travaux Publics et de l’Equipement, a indiqué que les océans, les mers, les lacs, les fleuves et les rivières sont des voies de transport divines, qui ne subissent pratiquement aucune modification de l’homme, contrairement aux voies terrestres, ferroviaires et aériennes, qui sont conçues par l’homme sur des coûts énormes, avec des démarches fracassantes. Ces dons divins jouent un rôle très important dans le développement et la facilitation des échanges commerciaux au niveau régional et international, a-t-il martelé.

Selon le Ministre Jean Bosco NTUNZWENIMANA, au cours de l’année 2016, les volumes des marchandises du Burundi ayant transité par les ports de Dar-es- Salaam et Mpulungu est respectivement de 303.026 tonnes et 110.140 tonnes et que tout le cargo vers Mpulungu est transporté sur le Lac Tanganyika.

Le Ministre Jean Bosco NTUNZWENIMANA a poursuivi son discours en indiquant que les études qui ont été menées récemment projettent les chiffres susdits aux environs de 500.000 tonnes par an en 2025, pour le Burundi uniquement bien que ce tonnage n’inclue pas le petit commerce, le commerce informel transfrontalier et les activités de pêche qui occupent et font vivre des dizaines de milliers de personnes.

Il n’est pas allé par quatre chemins en soulignant qu’avec la réhabilitation du chemin de fer Dar-es- Salaam-Kigoma en République Unie de Tanzanie, le trafic sur le Lac Tanganyika est en train d’être ressuscité. Les opérateurs économiques burundais et congolais ont repris cette voie pour joindre les principaux ports de Bujumbura, Kalemie et Kalundu, a-t-il affirmé.

Selon toujours le Ministre Jean Bosco NTUNZWENIMANA, l’intensification du trafic lacustre sur le Lac Tanganyika est motivée par le tarif très attrayant actuellement appliqué sur la ligne ferroviaire, qui offre une réduction de 30% comparé au tarif du transport routier.

Monsieur Jean Bosco NTUNZWENIMANA n’a pas aussi manqué l’occasion de souligner  que des efforts supplémentaires restent à consentir en termes d’investissements en infrastructures de transport (routes, ports, chemins de fer, aéroports). Cela est d’autant vrai que pour les populations riveraines du Lac Tanganyika, le coût de transport à l’import/export approche les 40% de la valeur des biens transportés. Ce taux, a-t-il renchéri,  est énorme, comparativement à celui des meilleures pratiques où il est de 15%.

Au chapitre relatif au  développement par les pays riverains du Lac Tanganyika d’une vision commune et d’une approche cohérente, en vue de tirer profit du potentiel commercial offert par leurs économies, surtout à travers des projets intégrateurs, le Ministre Jean Bosco NTUNZWENIMANA a affirmé qu’  au Burundi comme ailleurs dans ces pays ci- haut cités, l’extension et la modernisation des ports est une urgence, qui devra s’accompagner avec l’acquisition de nouveaux bateaux de transport.

C’est à ce niveau qu’il a fait remarquer que pour le Burundi, à court terme, l’objectif est d’atteindre une capacité additionnelle d’au moins 6.000 tonnes, qui comprendrait des bateaux de transport des marchandises et des personnes.

Conscient du rôle joué par les fleuves, les lacs et les mers en ce qui est de la facilitation des transports et d’échanges commerciaux sans oublier le rôle incontournables qu’ils jouent dans le rapprochement des peuples, le Ministre Jean Bosco NTUNZWENIMANA a lancé un appel vibrant au Secrétariat Général de la Communauté Est Africaine, au Secrétariat Exécutif du Corridor Central et l’Autorité du Lac Tanganyika, chacun suivant son avantage comparatif, à coopérer avec les Etats Membres et les Partenaires au Développement, afin de faire aboutir ce programme, le plus rapidement possible.

Il a terminé son discours en exprimant le vœu que les pays riverains puissent, d’urgence, harmoniser toutes les interventions et les cadres légaux qui les régissent, en vue de rendre la tâche facile aux organisations partenaires, engagés dans la mobilisation des financements destinés à la mise en œuvre des projets intégrateurs.